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Santé mentale au masculin : vous avez dit tabou ?



Un homme, "un vrai", c'est fort : ça ne pleure pas, ça ne faiblit pas. L'hystérie, - héritage d'une médecine clairement misogyne - est, étymologiquement, un attribut féminin... Quiconque succombe à ces idées reçues n'a jamais côtoyé un homme malade. On vous taquine, bien sûr! Il est temps d'ouvrir le débat sur la santé mentale des hommes. A l'occasion de #movember et du mois de novembre dédié aux hommes, les experts LLP vous proposent de faire le point sur la santé mentale masculine : balayer les clichés et parler ouvertement #santémentale pour le bien de tous !


Déconstruire les clichés tenaces


Organisé à Paris début octobre 2022, le festival Pop & Psy s'attèle à faire changer les mentalités en libérant la parole sur la santé mentale. Dans le second épisode du Podcast pop & psy, au micro de Florence Tredez, accompagnée du Psychiatre Jean-Victor Blanc, le rappeur Disiz La Peste évoque l'épineuse question de la dépression et de la psychothérapie... dans le milieu du rap.

"Est-ce que dans ton environnement, justement, la santé mentale était tabou ?
- Ouais. Rien que déjà - c'est cliché ce que je dis mais - penser à la psychologie et la santé mentale, c'est trop éloigné ; mais juste - vraiment - lire un bouquin, s'intéresser à un bouquin ou avoir un registre de langage, parfois un mot qui sort un petit peu et tout, déjà, par certains, tu es considéré comme suspect. Il y a beaucoup de choses que tu occultes.
- Suspect dans quel sens ?
- Suspect comme "ouais t'es un fragile frérot, de quoi tu parles ?" [...] " C'est comme l'Omerta dans la mafia. On en parle pas mais on sait qu'on n'en parle pas. Toutes proportions gardées c'est un peu ça."

Et de poursuivre :

Par rapport à la santé mentale, il y a aussi ce tabou dans le rap ?
- Le rap en France c'est particulier, ce n'est pas comme les Etats-Unis où c'est un business, une industrie forte, c'est un plus petit pays : c'est une culture d'appropriation . [...] Aujourd'hui, on est plus souple sur ces questions de vulnérabilité."


Santé mentale et entreprise : un couple dysfonctionnel


On a beau être en 2022, il est toujours plus que recommandé de laisser ses problèmes devant la porte de son travail.


76% des salariés du secteur privé sont convaincus que l'employeur devrait agir comme garant de la santé mentale de ses collaborateurs, comme le révèle le sondage « La santé mentale en entreprise », mené en collaboration par l'institut OpinionWay et l'événement du Psychodon et présenté en avril 2021.

Pourtant, dans les faits, quelles actions sont-elles menées par les entreprises pour prendre soin de la santé de ses collaborateurs ?


Homme ou femme, santé mentale en entreprise rime avec tabou. Il est vrai que la souffrance psychique des hommes n'est pas visible tant notre société pousse le masculin à ne pas demander de l'aide et à intérioriser ses souffrances. Ainsi, dans le cas des hommes, selon une étude menée par l'Observatoire de Minds, association genevoise pour la promotion de la santé mentale, sur un échantillon de 355 participants étudiant trois comportements clés (recherche d'aide - capacité à prendre soin de soi - rapport à l'autre et relatons sociales), les hommes demanderaient moins souvent de l'aide que les femmes - à hauteur de 9% de moins.


A l'échelle mondiale, c'est un homme qui se suicide chaque minute : un chiffre alarmant probablement en corrélation avec le manque de soutien offert aux hommes.


Alors messieurs, à l'occasion de #movember, il est temps de libérer la parole et de parler #santé_mentale !